Les Producteurs rencontrés 

Tandem Local, c’est avant tout deux mois d’aventures humaines, riches en rencontres et en partage. Au fil de notre cyclo-périple, nous pénétrons dans l’univers des producteurs, ces acteurs et ces actrices de l’ombre qui façonnent pourtant nos vies et nos paysages grâce à leur savoir-faire et à leur passion. Au fil de ces lignes et de ces photos, découvrez leur visage et ainsi, partez vous aussi à leur rencontre à nos côtés !

Le 27/08/2019

La ferme coopérative Groentelaar à Pepingen 

https://sites.google.com/site/degroentelaar/ 

Aujourd’hui, nous franchissons un cap. Ou plutôt, nous fermons un chapitre pour en ouvrir un nouveau. En effet, Belvas était notre dernière étape en Wallonie, la Flandre sera notre nouvelle toile de fond. Nous sommes curieux de découvrir ce que ce côté-ci de la Belgique nous réserve. A priori, il ne devrait pas y avoir de grandes différences, puisque nous formons un seul et même pays. Pourtant, nous allons vite découvrir que tout le monde n’est pas du même avis.

Nous quittons donc la chocolaterie après un dernier salut à toute l’équipe. Une bonne partie du trajet s’effectue au bord de la route, sur une piste cyclable pouvant accueillir deux vélos côte à côte. Nous faisons une courte halte chez une épicerie en vrac. Le magasin a ouvert depuis peu, “au moment où les habitants des alentours en avaient le plus besoin”, nous confie la gérante. A l’intérieur, nous y trouvons des produits familiers, tels que les pâtes Agribio ou les yaourts de la Ferme de Beauregard, tenue par les beaux-parents de Luc Hayois des Oeufs du Paradis. 

Nous nous enfonçons en campagne flamande. Sur le chemin, nous croisons de nombreux cyclistes visiblement plus chevronnés que nous. Nul doute qu’ici, la pratique du vélo s’inscrit pleinement dans le paysage. Nous arrivons alors chez Tjis, notre premier hôte flamand. Ou plutôt mi-chilien, mi-flamand. Chez lui, des affiches de la “Via Campesina”, un mouvement international défendant les droits des paysans depuis 1993, trônent au-dessus de bocaux en vrac. Militant dans l’âme, Tjis a fait de l’agriculture le combat de toute une vie.

Nous le retrouvons plus tard sur ses terres, qu’il partage avec d’autres agriculteurs. Une poignée d’entre eux est en train de planter des pieds de fraises sous un soleil de plomb. Arborant un chapeau de paille lui donnant des airs de cow-boy, Tjis jongle entre le français et le flamand pour répondre à nos questions face caméra.

C’est pour contrer l’absence d’espace biologique dans le coin qu’il a créé cette coopérative afin de pouvoir offrir une terre fertile aux jeunes désirant se lancer dans l’agriculture. Avec des amis paysans, il a également formé un syndicat visant à promouvoir une politique agricole flamande plus ambitieuse.

Il se montre d’ailleurs très critique envers son propre gouvernement, qui, selon lui, “ne soutient pas les fermes comme la nôtre.” “Bénéficier d’une aide extérieure donne une plus grande vocation. L’agriculture devrait être pensée pour une société réelle, une société de mangeurs.” Pour lui, la Flandre devrait davantage s’inspirer de son voisin wallon : “La Wallonie investit pour son peuple en créant un mode de survie, alors qu’ici, nous préférons nous tourner vers l’international, un choix fragile qui nous menotte les mains.” Un point de convergence existe néanmoins entre les deux régions : Bruxelles, qui se hisse également comme une passerelle entre la ville et la campagne.

Tjis nourrie de grands espoirs pour l’avenir : “J’espère que notre société parviendra à survivre au changement climatique, qu’on sera assez solide pour créer un système d’alimentation qui nous épargne du chaos. Que les réfugiés d’aujourd’hui deviennent les voyageurs de demain. L’agriculture est un outil pour faire de ce monde une utopie mais pour cela, il faut investir dans une agriculture locale.”

Le 25/08/2019

La chocolaterie Belvas à Ghislenghien

https://www.chocolaterie-belvas.be/fr/accueil/ 

 Aaaaah la Belgique… Ce pays réputé pour ses frites, ses bières ou encore ses gaufres. Difficile de faire l’impasse sur un autre de ses produits phares, qui s’exporte bien au-delà de ses frontières et dont le belge raffole lui-même. Il en consommerait en moyenne 8 kilos par an.  Vous l’aurez sans doute deviné, il s’agit (indice dans le titre) du…chocolat !

Véritable institution en Belgique, nous ne pouvions pas passer à côté. Et parmi les plus de cinq cent chocolateries répertoriées sur son territoire, c’est à Belvas que nous avons choisi de nous rendre, une chocolaterie bio qui prône le “commerce équitable”. Car si l’on ne peut pas cultiver le cacaoyer sur nos terres, il est toutefois possible d’adopter une démarche éthique et responsable. 

Nous arrivons à Belvas un dimanche soir. L’endroit est désert ; les clés du paradis chocolatier nous ont été confiées. Nous camperons les deux prochaines nuits sur un lopin de terre situé juste à côté des bureaux et de l’usine de fabrique. Les premiers ouvriers sont à l’oeuvre dès l’aube. En guise de réveil matinal, le vrombissement des machines substitue l’habituel chant du coq. 

Nous rencontrons Thierry Noesen, le saint patron de ce paradis, dans son bureau. Derrière lui, une affiche de Charlie et la Chocolaterie est collée au mur. Comme Willy Wonka, Thierry a plongé très tôt dans l’or brun. Alors que la chocolaterie pour laquelle il travaille en tant qu’ouvrier s’apprête à fermer, il décide de la racheter et de la passer en commerce équitable avec un crédo : “faire ce que les autres n’osent pas”. C’est à dire proposer des recettes originales, n’utiliser que des ingrédients certifiés bio et des emballages compostables sans qu’il n’y ait de répercussion sur les prix, allouer un prix juste aux planteurs de cacao, lutter contre le travail des enfants dans les pays partenaires et favoriser l’émancipation des femmes à travers le développement de programmes sur place.  

En somme, Thierry et son équipe mettent tout en oeuvre pour se démarquer des géants industriels qui tendent à privilégier le capital financier au détriment de leurs travailleurs. Thierry ne désespère pas qu’un jour ces derniers prennent la même direction et favorisent davantage l’être humain qui se cache derrière la fève : “Acceptons de relever un peu plus le prix du cacao et garantissons ainsi l’avenir”. 

 

Le 24/08/2019

Les Oeufs du Paradis à Brugelette

Facebook : Les Oeufs du Paradis

Ces derniers jours, Tandem Local est monté en gamme, et ce ne sont pas nos papilles qui viendront s’en plaindre. En effet, ces dernières ont pu goûter à du mousseux belge qui n’a rien à envier à son homologue français, et savouré des plats dignes d’un restaurant gastronomique. Jean-Christophe, notre dernier interlocuteur, nous a même invité à goûter à l’eau de sa piscine.

Histoire de continuer sur la même lignée, Luc Hayois, le prochain producteur chez qui nous sommes sur le point de nous rendre, nous rejoint au Noir Bonnet afin de nous escorter à vélo jusqu’à chez lui. Car lui aussi est un familier du restaurant, qui achète ses oeufs. 

Nous empruntons la route en fin de journée, le moment idéal en cette période estivale chaleureuse. Le trajet se fait en douceur sous une fine brise, devant le début d’un coucher de soleil. Dès notre arrivée, nous rendons visite aux poules et prolongeons ainsi le spectacle que nous offre la nature. Luc va récolter les oeufs pondus au cours de la journée à l’intérieur d’un poulailler mobile. En réalité, c’est sa fille Iseult, âgée d’environ quatre ans, qui s’y colle. Debout sur un petit tabouret, elle récupère les oeufs qui arrivent les uns après les autres sur un tapis mécanique. 

Car les Oeufs du Paradis, c’est, une fois de plus, une histoire de famille. Une très belle histoire de famille. En 2003, Luc reprend cette grande exploitation aux côtés de son oncle et de son père. Au début, ils écoutent les conseils des “marchands de phyto” jusqu’à ce qu’une nouvelle formulation soit appliquée en 2009, détériorant drastiquement la qualité des moissons. A cet instant, Luc mène une profonde réflexion : “Je ne voyais plus l’intérêt de faire ce métier. J’ai donc réfléchi à un meilleur système où je ferais tout moi-même sans avoir recours aux négociants”. Son épouse, Justine, issue du monde agricole, désire elle opérer une reconversion dans le bio. 

Justine et Luc se lancent alors dans l’élevage de poules pondeuses bio. Le destin les pousse à se tourner vers le principe du poulailler mobile, qui offre de multiples avantages. A l’intérieur, les poules disposent de tout le confort nécessaire : abreuvoirs, nourriture, lumière et pondoirs. Elles en sortent quand bon leur semble et peuvent s’adonner à leurs activités extérieures favorites. Comme son nom l’indique, le poulailler peut être déplacé, donnant accès à une herbe fraîche régulièrement renouvelée. La garantie d’une “qualité de vie des poules et des oeufs”. Ces derniers sont quant à eux directement vendus auprès du consommateur.  

Ces chères gallinacés ne sont pas les seules que l’on pourrait envier. Leurs trois enfants, Anouk, Iseult et Ignace, jouissent d’un immense terrain de jeux en pleine nature qu’ils doivent, certes, partager avec des compagnons à deux et quatre pattes. “Nos enfants aiment venir récolter les oeufs après l’école sans qu’on les force. Il faut l’avoir dans le sang pour le vouloir”. 

Le 23/08/2019

Le vignoble coopératif de Sirault

https://www.hainaut-terredegouts.be/producteur/vignoble-de-sirault/ 

Parmi la trentaine de producteurs avec qui Alicia et Ismaël collaborent figure un vignoble d’un genre particulier, dont l’un des trois terrains se trouve juste à côté de leur tout nouveau jardin potager. Le couple nous propose alors de rencontrer celui qui a lancé l’initiative en 2016, Jean-Christophe Vandrelst. Une fois n’est pas coutume, c’est à vélo que nous découvrons les trois parcelles. 

Jean-Christophe porte une double casquette. Pharmacien le jour. Viticulteur, et bien, le jour aussi… Tout part d’un magazine, le Vif Express, qui parle de ces belges qui ont choisi de se lancer dans la culture du raisin. Il se dit alors “Pourquoi pas moi ?”. Séduits par l’idée, quelques amis plantent à leur tour des pieds dans leur jardin ou celui d’un ami. Ils finissent par se réunir, chacun muni de son bagage à compétences, et plantent 300 pieds sur un premier terrain. 

Le projet provoque un tel engouement dans le village que le groupe d’amis décide “d’ouvrir le capital aux citoyens”, à travers la création d’une coopérative. Ils optent pour des cépages résistants mieux aux maladies et nécessitant peu de traitement ; et produisent à la fois du vin rouge et du vin blanc. Un an plus tard, les résultats sont probants : 2425 bouteilles sont produites lors de la première cuvée, et partent comme des petits pains. Les coopérateurs sont privilégiés, tandis que quelques bouteilles sont vendues au restaurant Noir Bonnet. 

Le vignoble Sirault a créé l’émulation au sein du village en impliquant le citoyen au coeur même du processus. Pour Jean-Christophe, certains “étaient en attente d’un tel projet”, comme ce vieux monsieur qui avait pris pour habitude de venir à pieds tous les jours jusqu’aux vignes pour “retrouver des gens et se rendre utile”, et à qui l’on a fini par offrir… un vélo. 

Le 22/08/2019

Le restaurant Noir Bonnet à Saint-Ghislain

https://www.lenoirbonnet.be/  

A vélo, on voit du paysage. On prête attention à chaque détail. On salue les vaches sur notre passage, intriguées par cet animal mécanique étrange. On côtoie les véhicules motorisées avec qui l’on tente de maintenir des relations diplomatiques (pas toujours évident). Et puis, on sent la route. On vibre au même rythme que son vélo.

Et croyez-nous, la route pour aller jusqu’à Saint-Ghislain, nous l’avons bien sentie. Plusieurs kilomètres à rouler sur des chemins pavés à nous faire trembler les dents et friser le déraillement, avant de devoir traverser un tronçon de route périlleux afin de rejoindre une piste de vélo au bord de l’eau. Après quelques sueurs froides suivies d’une balade plus reposante le long du Grand large, nous arrivons enfin au Noir Bonnet. 

En guise d’accueil, Alicia nous offre son plus grand sourire. Elle et son conjoint, Ismaël, ont été parmi les premiers à nous contacter après le lancement du projet. Presque une évidence lorsque le slogan de leur établissement n’est autre que “Ici, on mange local!”. En effet, leur menu se compose de plats dont les ingrédients proviennent exclusivement de producteurs locaux. Le couple sillonne les campagnes belges pour aller à leur rencontre, une façon de mettre un visage sur chaque produit tout en favorisant l’économie du pays. 

Avant de se lancer là-dedans, tous deux exerçaient des professions bien éloignées. C’est le décès du père d’Alicia, qui tenait une pizzeria à l’endroit-même, qui les mène vers cette voie. Devant l’opacité de la provenance des ingrédients habituellement opérée par les restaurants, Ismaël et Alicia préfèrent miser sur la transparence. Leur stratégie paye, le succès est au rendez-vous. Le nombre de couverts s’accroît rapidement. 

Pour aller plus loin dans leur démarche et parce qu’ils aiment le défi, le couple agrémente leur restaurant d’un jardin potager en permaculture. Ils ambitionnent également d’ouvrir un bar à cocktails faits, bien entendu, à base d’ingrédients “100 %” locaux. 

Nous l’avouons, nous avons mangé divinement au cours de ces deux jours. Alicia et Ismaël nous ont choyé. Car ils ont le sens du relationnel, respirent le convivialisme et ont la bonne-humeur contagieuse. 

Le 21/08/2019

Le vignoble des Agaises “Ruffus” à Haulchin

http://www.ruffus.be/vignoble/

Nous quittons Stéphanie et Stéphane pour une heure cinquante de trajet supplémentaire. Une bonne partie s’effectue sur le RAvel à travers la forêt. Cette balade sylvestre nous procure une sensation de fraîcheur des plus agréables en cette journée de chaleur. Au loin déjà, nous apercevons un paysage atypique en Belgique. De longues rangées de vignes se profilent sous nos yeux, comme si nous avions atterris en région champenoise.

A peine arrivés que notre hôte, Arnaud Leroy, nous présente ses vignes et l’intérieur de ses cuves. Il revient sur l’histoire de son entreprise, qui a vu le jour en 2002 grâce à l’association de plusieurs personnes, dont celle de son père Raymond, alors négociant en vin. D’ailleurs, chez les Leroy, on est négociant de père en fils et, surtout, on n’a pas froid aux yeux, sans pour autant avoir la folie des grandeurs.

Deux hectares à base de chardonnay sont d’abord plantés. Puis le vignoble s’étend peu à peu face à la recrudescence des demandes. Il atteint aujourd’hui 29 hectares, avec des éoliennes en guise d’arrière-plan, “faisant de Ruffus le plus grand producteur de vin en Belgique”. On y produit exclusivement des vins effervescents : chardonnay brut, brut sauvage et brut rosé, selon une méthode traditionnelle impliquant une longue phase de fermentation et une “mise sur lattes” (les bouteilles sont entreposées dans une cave en position horizontale) pendant au moins douze mois.

Bien que le vignoble ne soit pas certifié bio, les vignes font l’objet d’une agriculture raisonnée, garantissant le respect des sols et un traitement limité. Pour se procurer les vins de ce domaine, mieux vaut s’y prendre à l’avance car les cuvées ne font pas long feu. Deux possibilités existent alors : réserver et se déplacer sur place, au chai, ou bien se rendre auprès d’un point de vente. Aucune différence tarifaire n’est appliquée.  

Au vignoble Ruffus, tradition et modernité s’unissent, donnant naissance à un entreprenariat d’un nouveau genre. La volonté de ses employés ? “S’agrandir tout en restant une PME intelligente”

Le 21/08/2019

La Ferme du Martin-pêcheur à Montigny-le-Tilleul

http://www.hainaut-terredegouts.be/producteur/ferme-du-martin-pecheur/

Après deux jours passés à camper au même endroit, nous pédalerons la majeure partie de cette journée. A travers champs et villages, sur des sentiers touffus et étroits, au bord de la route et via Charleroi, fleuron de la sidérurgie et hôtesse de l’un des principaux aéroports du pays. Autant vous dire qu’ici, trafic routier et paisibilité ne font pas bon ménage. Il nous faut pourtant passer par là pour nous rendre à la Ferme du Martin-pêcheur, premier arrêt gourmand de la journée.

Stéphane et Stéphanie ont fait renaître cette ancienne ferme de ses cendres. Fasciné depuis toujours par le monde agricole, lui élève une vingtaine de bovins. Enseignante au sein du village, elle fabrique du fromage, du beurre et des yaourts à base de lait cru de vache, vendus à hauteur de 70% dans l’épicerie qui jouxte leur domicile. Le reste est distribué en circuit-court, notamment à travers le supermarché coopératif et participatif Coopéco. La particularité de leur ferme, c’est qu’aucune prairie ne s’y trouve aux abords. Leurs vaches paissent à distance, obligeant Stéphane à multiplier les allers-retours. 

Le couple nous convie alors à goûter à la panoplie de fromages qu’ils confectionnent, aux saveurs multiples et épicées : buscetta, potagère, maquée, ricotta… Pendant ce temps, ils nous font part de leurs difficultés journalières, marquées par un rythme de vie éreintant, de maigres rentrées financières et des conflits de voisinage récurrents. Habités par la passion et l’amour de leurs bêtes, ils poursuivent leur activité en dépit de tout. 

Le 20/08/2019

La Ferme de la Sarthe à Saint-Gérard

http://fermedelasarth.canalblog.com/

Notre prochaine étape ne se situe qu’à une vingtaine de minutes à vélos de la précédente, dans le village de Saint-Gérard. D’ailleurs, Quentin connaît bien ceux qui habitent et travaillent dans cette ferme familiale, « en Bio-dynamie depuis 1981 ». Il a lancé son activité en même temps qu’Alice, qui est venue s’installer ici pour élever des brebis aux côtés de Damien, né sur le lieu-même.

Ici, plusieurs générations s’entremêlent et collaborent. Chacun s’épanouit dans son domaine : Damien au soin des vaches et à la gestion de la ferme ; sa fille, Valentine, au maraîchage avec son compagnon ; Alice à l’élevage des brebis et à la confection de fromages, faits avec du lait de vache. La jeune femme, d’origine française, est d’abord arrivée à Bruxelles pour y faire des études de traduction. Elle décide alors d’opérer un tournant dans sa vie (autre exemple de reconversion) à la suite d’un constat : « Je me suis rendue compte que notre génération n’était bonne qu’à engendrer des connaissances mais ne savait rien faire de ses dix doigts ».

Après une courte série de formations, elle toque à la porte de Damien qui l’accueille et accepte de lui transmettre son savoir, le soulageant ainsi de sa besogne quotidienne. Car il faut en mettre, du cœur à l’ouvrage, lorsque l’on choisit cette voie (même si parfois c’est elle qui nous choisit). Quasiment pas de vacances, ni de grasse matinée, et une vie sociale difficile à entretenir… Le secret pour tenir le coup ? Une passion et un amour pour la terre sans limite.

Autour d’un souper concocté à base des légumes de la ferme, Damien nous confie sa vision, quelque peu déroutante, de l’agriculture et de l’alimentation locale. Pour lui, l’agriculteur fauche et sème la mort partout où il passe pour générer la vie ailleurs. La vie et la mort forment alors un duo inséparable au sein d’une ferme. A ses yeux, consommer des produits venus de pays étrangers n’est pas une si mauvaise chose en soi car « cela nous permet de nous rapprocher d’autres cultures ». Voici certainement la raison pour laquelle on peut trouver, dans l’épicerie qu’ils tiennent, des produits importés à côté des leurs, issus toutefois du commerce équitable.

Le 19/08/2019

La Ferme du Coin Coin à Jameppe-sur-Sambre

Facebook : Ferme du CoinCoin

Nous voici de retour en province de Namur après quelques jours de répit.  Cette première journée sera semée d’embûches. Après une première crevaison à réparer avant de partir, nous en subissons une seconde sur la route en direction de notre prochaine destination. Manifestement, nos vélos se sont levés de la roue gauche ce matin-là… Ce qui retarde notre arrivée à Jameppe-sur-Sambre où nous attend notre hôte depuis un bon moment déjà. Heureusement pour nous, nous avons à notre disposition une boîte à outils, le sens de la débrouillardise et de la bonne humeur à revendre.

A notre arrivée, Quentin Ledoux nous fait la surprise de nous rejoindre à vélo, non loin de sa ferme. Nous cassons la croûte à l’intérieur de la caravane qu’il a aménagée avec son épouse, sur le terrain que la coopérative Terre-en-vue lui a octroyé en 2017. Après quoi, nous rendons visite à ses colocataires, des palmipèdes élevés en plein air au bord d’un étang. En effet, Quentin est le tout premier éleveur de canards bio de Belgique. Bioingénieur de formation, il a consacré cinq années de sa vie à rédiger une thèse sur le fonctionnement des cellules chez les plantes avant de prendre la décision, un beau jour, de changer de cap pour donner un nouveau sens à sa vie.

Ici, aucun gavage n’est autorisé, car c’est le bien-être animal qui prime avant tout, gage d’une meilleure qualité de la viande. Les canards, au nombre de 150 en moyenne, sont élevés pendant quatorze semaines et nourris à base d’herbe et de compléments bio. A partir de la cinquième semaine, ils sont transférés sur un autre terrain où ils jouissent d’un plus grand espace, avant d’être envoyés à l’abattoir, une opération à chaque fois délicate mais faite en pleine conscience.

Animé par une soif de compréhension de la nature, Quentin multiplie les expérimentations. Il prend soin aussi bien de ses bêtes que de ses arbres fruitiers, sur lesquels il opère des greffes à partir des mêmes variétés. Sa femme, Nathalie, s’occupe quant à elle du maraîchage.

Quentin souhaite également développer des synergies et invite les producteurs qui souhaiteraient développer un projet, de quelque nature que ce soit, à s’allier à lui en vue de former une coopérative.

Cinquième semaine : Province de Namur

Le 14/08/2019

La boulangerie Monepi à Loyers

http://www.monepi.be/index.php?rubr=3

Alors que nous nous réveillons frais comme des gardons après une bonne nuit de sommeil, prêts à enfourcher nos vélos dans la minute qui suit pour nous rendre à notre prochaine étape, les événements prennent une toute autre tournure. Pour la première fois depuis le début de cette aventure, nous faisons face à une annulation de dernière minute. Notre bonne étoile serait-elle en train de se faire la malle ? Détrompez-vous, elle veille toujours au grain et nous réserve encore de belles surprises.

Jean-Pierre, un bénévole de la ferme, vient à notre rencontre, interpellé par le tee-shirt « Mangez Local » de Ludovic. Nous lui exposons notre mésaventure, à la suite de quoi il nous recommande aussitôt une adresse : la boulangerie « Monepi », à Loyers, près de Namur. Nous décidons de suivre son conseil et croyez-nous, nous ne serons pas déçus du voyage !

Il faut être familier avec le lieu pour le connaître. Aucun panneau d’indication, seule une plaque qui affiche « Monepi » à l’entrée de la maison où réside Dirk et son épouse et à l’intérieur de laquelle se trouve leur boulangerie. Avertis seulement une heure à l’avance de notre arrivée, ils nous accueillent sous les meilleurs auspices. Ils vont jusqu’à nous offrir le petit-déjeuner, l’occasion de découvrir leur palette de pains faits maison, pour le plus grand bonheur de nos estomacs vides.

Boulanger-pâtissier, chocolatier et glacier de formation, Dirk Longin a repris la boulangerie en 1992 avec la volonté de développer une alimentation plus saine. Ici, les pains sont confectionnés à partir de cinq types de farine, conçue à l’aide d’un moulin muni de meules en granit, tout droit venu de Bretagne. La phase de cuisson se déroule quant à elle dans le four à fagots bâti à la main. Le crédo de Dirk ? Utiliser le moins de lactose, glucose et gluten possible, néfastes selon lui pour la santé, pour se rapprocher au plus près de l’authenticité.

Le couple a entrepris de nombreux travaux au cours des années afin de parvenir à vivre en autonomie tant d’un point de vue alimentaire (à travers leur potager en permaculture et leur poulailler) qu’énergétique. Ils sont actuellement à la recherche de successeurs, qu’ils sont prêts à former, pour passer la main.

Le 12/08/2019

La Ferme de Froidefontaine

http://www.froidefontaine.be/

 Le trajet pour se rendre à la ferme de Froidefontaine est des plus plaisants. Nous empruntons le sentier des odeurs depuis Havelange, un chemin peu fréquenté en pleine nature. A l’instar des jours précédents, le soleil se fait discret, la pluie menace de tomber à tout moment. Heureusement pour nous, nous parvenons à rouler entre les gouttes. Nous longeons une forêt de pins durant quelques mètres, passons à côté d’une ferme, enchaînons les montées et les descentes.  La vue est imprenable tout le long et annonce dès lors la couleur de ce qui va suivre.

Après une dernière montée, nous franchissons le seuil du domaine de Froidefontaine, qui nous impressionne dès les premiers instants. Une atmosphère romantique règne sur cette ferme-château surplombant le village de Ciney. Cet ensemble historique qui s’étend sur 45 hectares de terre est classé, rien de bien étonnant. Nous passerons deux nuits dans cet endroit féérique, à l’intérieur d’une yourte récemment montée.

La Ferme de Froidefontaine est un « haut lieu d’alimentation d’artisanat et d’accueil » qui a vu le jour en 2017 à la suite d’un appel à projet. Ce dernier, qui s’inscrit dans une dimension sociétale, consiste à « ramener un maximum de diversité sur le territoire d’Havelange ». Cinq projets entrepreneuriaux ont vu le jour jusqu’à présent : un élevage de volailles avec la création d’un poulailler mobile, un potager maraîchage sur de grandes cultures, une cidrerie (dénommée « La cidrerie de Condoz »), un atelier de création de couleurs végétales appelé « Lutéa ». Dominique l’apiculteur était quant à lui déjà présent avant le lancement du projet. L’équipe, qui cherche à s’agrandir, poursuit les appels à projets.

« Ici, on voulait trouver un modèle où favoriser la diversité de manière à produire la même variété que celle qu’on peut trouver dans notre assiette ».

Le 10/08/2019

Cycle-en-terre à Havelange

https://cycle-en-terre.be/

 Agribio compte parmi ses voisins une autre coopérative d’un nouveau genre, dont le nom vous sera peut-être familier si vous êtes un habitué des épiceries et petits commerces bio. Cycle-en-terre est une coopérative semencière belge qui s’est donnée pour mission de « participer à notre autonomie alimentaire en cultivant des légumes pour en récolter leurs semences ».

Ce projet est parti d’une rencontre et d’une prise de conscience, lorsque Fanny Lebrun s’est rendue en Australie il y’a 14 ans pour faire du wwoofing. Là-bas, elle croise le chemin de Peter, qui vit en autarcie et croit fermement en l’effondrement prochain de notre civilisation. Les semences représentent à ses yeux l’un des seuls moyens de subsistance.

De retour en Belgique, Fanny décide d’abord de consolider ses connaissances avant de se lancer dans ce que ses proches considèrent comme un « projet fou ».  Elle se procure des terres sur lesquelles elle cultive ses propres graines qu’elle commercialise, un rythme difficilement soutenable. Elle s’allie par la suite avec Bruno Greindl (le fondateur d’Agribio) et Damien Van Miegroet, ingénieur chimiste, avec qui elle fonde « Cycle-en-terre », qui tire son nom de la plante cyclanthère.

Cycle-en-terre compte aujourd’hui 78 coopérateurs, 6 employés, et vend ses graines dans une centaine de magasins. Elle fournit majoritairement les jardiniers ainsi qu’une poignée de maraîchers professionnels depuis l’année passée.

« C’est en construisant des choses positives qu’on fait bouger les choses. Ce n’est jamais la guerre qui apporte des solutions mais les actions concrètes ».

Le 08/08/2019

Agribio à Buzin

https://agribio.be/fr/home/ 

 Nous enfourchons nos vélos et quittons la province de Liège. Nous l’avouons, nous lui avons consacré beaucoup de temps, mais force est de constater que la terre liégeoise est un terreau fertile à l’alimentation saine et locale !

Le trajet en direction de la province de Namur s’annonce long : environ 36 km jusqu’à notre prochaine destination, soit près de 2h.

Nous faisons une pause à l’entrée d’un village pour recharger les batteries (cette fois-ci les nôtres et non celles de nos vélos), l’occasion d’admirer les paysages environnants et pour deux d’entre nous d’aller chez l’habitant pour une requête pipi. L’heureux hasard, qui fait décidément bien les choses depuis le début de cette aventure, nous mène chez un apiculteur qui produit son miel à domicile. Ni une ni deux, il nous accorde une visite improvisée de son jardin où se trouvent ses ruches, ainsi qu’un potager et une mini-serre où il cultive des tomates.

Nous arrivons à Agribio en fin de journée à l’heure du souper, que nous partageons aux côtés de Christophe et de son épouse. Christophe est le bras droit de Bruno Greindl, l’homme à la tête de cette coopérative céréalière vieille de vingt ans et pionnière dans le domaine du bio. Bruno ne le cache pas, son ambition première au moment de créer cette entreprise, c’était l’argent. L’homme défend cependant une philosophie entrepreneuriale basée sur le plaisir et le dialogue entre les trente « collaborateurs » qui la composent.  

A Agribio, tout est fait de A à Z, du grain au pain et aux pâtes en passant par la farine. L’objectif étant de sortir du marché conventionnel et de proposer des produits qui respectent l’environnement et la santé. Dans un souci de transparence, les visites sont monnaie courante à Agribio, une façon de créer un lien fort avec le consommateur, qui peut alors découvrir l’anvers du décor et mettre un visage sur un produit qu’il consomme au quotidien.

Pour Adrien Lepailly, qui travaille à Agribio en tant que meunier artisan pâtes, manger local et sainement signifie reprendre main sur le plaisir gustatif, provoquant alors une émulsion vers le beau et vers le mieux.

 

Quatrième semaine : Retour dans la Province de Liège

Le 07/08/2019

Les Bergers de la Haze

Facebook : lesbergersdelahaze

Au cours de notre périple, nous avons pu observer que de nombreuses initiatives sont lancées en couple. Certainement parce qu’à deux, on se sent plus forts, on se serre les coudes dans les moments difficiles et on bâtit un projet aux côtés de la personne que l’on aime.  

Les Bergers de la Haze illustre une fois de plus ce constat. Pascal et Vanessa ont installé leur bergerie à Fontin, près de Esneux, où ils produisent du lait, du fromage et de la viande d’agneau en faible quantité. Mais leur produit phare, c’est sans conteste leur glace, faite à partir de lait pasteurisé de brebis. Croyez-nous, un régal pour les papilles.

Le couple s’est lancé dans ce projet un peu par opportunisme (peu de bergeries existaient dans le coin) et beaucoup par passion. Pascal prend soin des brebis, auprès desquelles il passe entre 10 et 12h par jour, tandis que Vanessa se charge de la transformation des produits, dont une partie est vendue via une ruche et l’autre dans les magasins bio. L’amour qu’ils éprouvent pour leurs bêtes se reflète dans la qualité de leurs produits.

Leur crédo ? « Transmettre le goût des bonnes choses ».

Le 07/08/2019

La Brasserie Forêt à Sart

Facebook : Brasserie Artisanale Forêt 

La bière Forêt est le résultat d’un long cheminement, d’une passion, et, encore une fois, d’une reconversion. Ariane et Manu ont opté pour une production à taille humaine qui se rapproche au plus près du terroir.

Dans une volonté d’adopter une démarche responsable et transparente, ils travaillent avec des producteurs locaux qui subissent les mêmes difficultés qu’eux. Leur bière est confectionnée à base de quatre ingrédients : du houblon malté, de l’eau, de la levure et du sucre. Rien de plus ni moins, si ce n’est de l’amour et de la patience.  

Forcés de s’approvisionner ailleurs, le couple oeuvre afin d’obtenir toutes les matières premières en Belgique. 

On a choisi ce métier pour travailler nous-mêmes le produit sans dépendre de personne” et, surtout, pour “être heureux en faisant ce qu’on aime“. 

Le 05/08/2019

Les prés d’Hurlevent à Aywaille 

Facebook : Les prés d’Hurlevent 

Nous voici de retour sur les routes wallonnes après quelques jours de repos bien mérités. Et pour démarrer cette nouvelle semaine en beauté, nous sommes attendus dans une micro-ferme située dans les hauteurs de Aywaille, dans la province de Liège. 

Bien plus qu’une micro-ferme, les prés d’Hurlevent est un bout de paradis terrestre où s’épanouit une mini-communauté composée de quatre adultes et d’une enfant.

La création de ce projet hors-du-commun est née d’une recontre : celle de Juliette et de Joseph lors d’un voyage. Ensemble, ils ont décidé de transformer ce qui était un terrain familial en un écolieu dans lequel pouvoir répondre à leurs besoins, sortir de leur zone de confort pour revenir à l’essentiel.

Trois ans plus tard, le fruit de leur travail est visible. Ils vivent désormais à quatre, avec Carole et Thomas, leur compagne et compagnon respectif, et Mia, âgée de 2 ans et demi. Juliette s’occupe du maraîchage, Joseph et Thomas de la construction (de deux yourtes, d’une toilette sèche etc.) tandis que Carole prend soin des animaux. 

Les près d’Hurlevent est également un lieu de vie fédérateur où des événements sont régulièrement organisés et où les producteurs des environs sont invités à venir vendre leurs produits sans aucune contribution financière en retour.

C’est simple, cette mini-communauté vit le bonheur au quotidien dans la simplicité. Se réveiller chaque matin dans cet environnement est pour Juliette “comme une grande prière à la vie“. 

 

 

Troisième semaine : Province du Luxembourg 

Le 31/07/2019

Chez Stéphane Delogne à Bertrix 

 

 

 

Il nous aura fallu 2h35 pour arriver chez Stéphane, qui réside dans les Ardennes en province luxembourgeoise. Durant cette étape, notre cyclo-périple a pris des allures sportives. Nous avons roulé 36 km à travers des paysages wallonnés à couper le souffle tant au sens littéral que figuratif.

 Stéphane est un éco-éleveur hyperactif qui n’a pas peur de s’investir et de faire entendre sa voix. Journaliste de formation, il a occupé le poste de responsable de la section environnement pour la FUGEA (fédération unie des groupements d’éleveurs et d’agriculteurs) avant de devenir agriculteur, un rêve d’enfant qui a fini par remonter à la surface pour s’imposer comme une évidence.

 Ses vaches Highlands vivent en autarcie sur un terrain pâturé de 13 hectares bordé par une rivière. Autonomes, elles vêlent sans l’aide de personne. Nous avons d’ailleurs eu la chance d’avoir pour compagnon de chambre un veau qui venait de voir le jour.

 Préserver les paysages et la nature en luttant contre l’usage des produits phytosanitaires constitue le cheval de bataille de Stéphane. Père de deux enfants, Jean et Violette, il fait tout son possible pour les « rendre courageux pour affronter l’avenir et leur apprendre que la nature est belle pour s’en émerveiller ».

Le 30/07/2019 

La Ferme Arc-en-ciel à Wellin

Facebook : @fermearcenciel

 

 

Rudolf nous a convié à pénétrer dans son univers et nous a transporté dans sa vie le temps d’un café. D’origine suisse, Rudolf est un homme dont la force de conviction l’a poussé à dépasser les frontières de sa contrée pour mettre en pratique les connaissances acquises au fil des années.

C’est en reprenant la ferme de ses parents qu’il décide d’entreprendre des études d’agronomie qu’il complète à l’étranger. Ses pérégrinations forgent son caractère et façonnent sa personnalité forte et engagée.

Son beau-fils, Serge, est un maraîcher bio pour qui manger local apporte des bienfaits autant pour le corps et l’esprit que pour les petits producteurs.

Sans détour, Rodolphe cultive le franc-parler. Il nous a d’ailleurs confié : “Pour la première fois en ce début d’année, au lieu de souhaiter bonne année et bonne chance, j’ai souhaité une bonne catastrophe naturelle“, le seul moyen pour les générations futures de se relever. Il a ajouté que, pour lui, “la nature est le seul facteur qui va nous arrêter dans notre folie“. 

Un moment inoubliable et inspirant.

 

 

Le 29/07/2019

L’Oasis de Wavreille

 

Tandem Local, c’est une suite de rencontres riches et variées. En voici une particulièrement marquante : celle avec la famille Halloy à Wavreille. Thibault et Emila “élèvent” (dans tous les sens du terme) leurs cinq enfants, Solare, Drunvalo, Florinda, Pémâ et Ama, âgés de 2 à 16 ans, dans un cadre idyllique en pleine nature. 

Tout est parti d’un défi, celui de bâtir leur propre mode de vie. Après avoir été hébergés quelques temps chez des amis, Emilia et Thibault ont trouvé un terrain sur lequel s’implémenter et fonder leur famille. Ils vivent dans une yourte bâtie à la main et cultivent leurs propres fruits, légumes et blés anciens (plus de 500.000 ans pour certaines variétés). Ils produisent leur pain (avec leur levain) ainsi que d’autres produits qu’ils transforment. Cette famille, qui respire le bonheur, vit en connexion totale avec la nature, et applique une philosophie spirituelle.

 Nous avons été touchés par cet exemple de vie alternatif humble, loin du modèle classique bien trop souvent formaté.

Deuxième semaine : La province de Liège

Le 26/07/2019

La Ferme au Moulin à Remicourt 

https://www.lafermeaumoulin.be/

Alors que le thermomètre s’affole pour afficher des températures avoisinant les 40 degrés, Cédric et Céline nous accueillent dans leur petit paradis, une “ferme maraîchère bio et équestre”.

A la suite d’une reconversion professionnelle et personnelle, ce couple a développé un ensemble de projets liés à la terre et à l’éducation : la production d’une septantaine de légumes de saison vendus dans le magasin créé pour, des activités équestres et une multitude d’ateliers pédagogiques adressés aux enfants autour de l’alimentation saine et de la nature. Ils ont également restauré l’ancien moulin pour le transformer en gîte.

Le tout animé par une passion sans limite. 

Le 25/07/2019

Les Fraises de Philippe Macors à Yernawe

Facebook : Fraises de Yernawe de Philippe Macors 

Certains sont adeptes du fromage, d’autres fondent de plaisir avec un simple carré de chocolat… Philippe Macors, lui, ce sont les fraises qui le font vibrer. Et on ne le comprend que trop bien, surtout en pareille saison!

A l’intérieur des six tunnels de sa ferme à Saint-George, autrefois ferme de l’abbaye Saint Jacques, il cultive ce fruit aux côtés des myrtilles américaines, des cassis et des pommes de terre bio. 

Le 25/07/2019

Aldento! – Les Frangines à Liège

https://www.goffardsisters.com/ 

Changement de décor! C’est en plein coeur de la ville, à Liège, que nous avons rendez-vous avec Géraldine en ce jour de canicule. Avec sa soeur, Sophie, elle est à l’origine de la création d’un produit unique en Belgique : les pâtes aux insectes. 

L’idée de se lancer dans cette aventure quelque peu périlleuse lui est venue à la suite d’un voyage en Afrique. Depuis, les Goffard sisters ont dû s’armer d’une bonne dose de courage et de persevérance pour parvenir à faire accepter leurs pâtes, pourtant riches en protéines, en vitamine B12, en fibres et minéraux ; en plus d’être bonnes pour l’environnement ! 

Les pâtes Aldento se déclinent sous plusieurs saveurs : oeufs, piment, tomate et basilique ; de quoi ravir les papilles gustatives du plus grand nombre ! 

Pas de doute pour Géraldine, il s’agit là de “l’aliment de l’avenir”

Le 24/07/2019

Le Champ des possibles à Jupille

http://www.champdespossibles.be/ 

C’est devant le spectacle d’un sublime soleil couchant que nous faisons la rencontre de François Sonnet dans son champ. 

Ici, les familles viennent elles-mêmes cueillir ce dont elles ont besoin au grès des saisons. François souhaitait avant tout effacer la dimension clientèliste et renouer les liens sociaux au sein des quartiers, le tout grâce à un système coopératif financier adapté. 

“Le citoyen détient le pouvoir, c’est lui qui doit agir sans rien attendre des politiques”

Le 23/07/2019

De la Fleur au Fruit à Warsage 

https://www.delafleuraufruit.be/ 

“Les clients doivent comprendre le sens des saisons”. 

Lorsque Pierre-Marc Laduron a repris les vergers de son père, il a introduit l’arboriculture bio et éthique ; en privilégiant le circuit-court et la monnaie locale. 

Ici, tout se fait à la main, de la plantation à la cueillette en passant par la taille ; et rien ne se jette. Si le fruit est malformé, il sera transformé en sirop ou fera le bonheur des mésanges. 

Son épouse, Carine, et son fils, Jean-Pierre, tiennent quant à eux l’épicerie où sont vendus leurs produits. 

Le 23/07/2019

La Siroperie Artisanale d’Aubel 

https://sirop.be/fr/ 

“Tout le savoir de l’artisan : arriver à juger à chaud que le sirop soit bon à froid”, tout un art que la Siroperie d’Aubel maîtrise à la perfection depuis maintenant douze générations avec un seul mot d’ordre : l’authenticité.

La recette pour produire un sirop 100% belge ? Un levé à 3 heures du matin, 4200 kg de fruits pompés, une plantation d’arbres régulière par les visiteurs, une lenteur et une concentration de mise et une adaptation constante au climat changeant ! Un savoir-faire que Joseph, Claudy, Antoine et Nyssen défendent avec vigueur.

Première semaine : le Brabant Wallon

Le 18/07/2019

L’Asbl “L’autre Jardin” 

https://lautrejardin.be/ 

 Nous achevons notre première étape dans l’émotion grâce à l’asbl “L’autre Jardin”, un maraichage unique en son genre situé au centre du village de Sart-Messire-Guillaume. 

L’autre, c’est nous tous : c’est le message que souhaite faire passer ce projet d’inclusion né en 2016, qui accueille des jeunes en déficience et regroupe tout le monde autour de la terre, notre héritage commun. Une façon d’unir nos racines et de transformer le vivant sans rien demander d’autre en retour que le partage et l’épanouissement de chacun. 

Le 17/07/2019

Graines d’Avenir : formations en agro-écologie

Facebook : @FormationsAgroecologie

Un maraichage qui respecte le vivant avec une approche économique nouvelle : voilà comment nous pourrions décrire Graines d’Avenir.

Ce qui était à l’orgine un potager entre amis a poussé pour devenir un véritable écosystème où s’entremêlent agriculture et écologie.

François Wiaux, qui a semé les graines de ce paradis biodiversitaire, y propose des formations destinées aux professionnels qui souhaiteraient se convertir à l’agroécologie, une méthode d’agriculture qui adopte une approche scientifique dans l’optique d’une adaption optimale au contexte local.

“Chaque agriculteur est dans la profusion de savoirs, car il réagit à son sol spécifique”.

 

 

 

Le 16/07/2019

Café J.J.Looze

http://www.cafesjjlooze.be/ 

  Chez Café J.J.Looze, nous avons découvert la véritable définition du café, produit d’un savoir-faire transmis depuis trois générations, qui aura valu à Sylvie, la gérante actuelle, la récompense du “talent wallon”.

Partisans du slow food, du développement durable et du circuit-court, les torréfacteurs J.J.Looze appliquent des méthodes de plantations sélectives afin de récolter un fruit mûr qui donne au café toute sa saveur, un arabica intense et délicat en bouche. 

Le 16/07/2019

Visite express au Bois Seigneur Holstein 

Facebook : @Bois Seigneur Holstein

Bois Seigneur Holstein est une coopérative agricole vieille de plus de 110 ans, dont le savoir-faire a été transmis d’une génération à une autre. Annie et Eddy Pussemier ont repris l’exploitation familiale dans les années 80 pour y développer un élevage Holstein et la production de lait.

Ils privilégient le confort des animaux, gage d’une plus longue longévité du troupeau, ainsi que les techniques d’insémination qui permettent de varier la génétique.

 

Le 15/07/2019

Aux portes du radis

http://auxportesduradis.blogspot.com

 

 

Aux portes du radis est née de l’envie de nourrir sainement, le tout sur une petite surface de moins d’un hectare, permettant ainsi de réduire les coûts et de favoriser le soin manuel et la diversité.

Renaud Cessiaux a choisi la vie de maraicher par éthique et philosophie, porté par la volonté de développer la confiance, en faisant notamment preuve d’une transparence totale sur la provenance des semences qu’il utilise, mais également entre producteurs.

Il projette d’ailleurs de transformer la grange, “la cathédrale”, en coopérative car pour lui, “seul, on va vite, ensemble, on va plus loin”.

Le 15/07/2019 

La popote de Waterloo

http://www.lapopote.be/ 

Notre cyclo-périple débute à Waterloo, un lieu emprunt d’histoire où se dresse fièrement le lion sur sa butte. Non loin de là, un projet porteur de sens tente d’adoucir les traits de la commune et de réinventer son histoire à sa manière.

La Popote, c’est avant tout une histoire de famille, à travers Béatrice, Yvonnic et leurs deux filles Alys et Camille. Au coeur du centre culturel Craboutchi, ils ont créé une cantine locale avec des produits bio et de saison où règne une atmosphère conviviale, “comme à la maison”. En plus de pouvoir y déguster de bons plats, des ateliers culinaires et des cycles d’initiation à la permaculture sont proposés aux enfants comme aux adultes au sein d’un grand potager et d’une mini-ferme pédagogique où lapins, chèvres et poules se côtoient, une façon d’apprendre à “prendre le temps” et à “renouer des liens avec la nature”.

Le souhait d’Yvonnic et de Béatrice ? “Que les enfants enseignent aux parents”.